La planéité de la photographie amène, à sa manière, une forme de frustration. Par son écrasement des plans, elle force l’œil à la parcourir d'une manière systématique.
Intervenir plastiquement sur une photographie (ici, des motifs au point de croix) entraîne alors une modification de l'attitude inhérente à la simple contemplation des images. Le relief perturbant la manière dont le regard balaie l'espace photographique incite au rapprochement, à l'inspection des détails, à une confusion des plans tandis que les motifs sobres apparaissent comme un code à décrypter.
Cette confusion oscille entre le vivant et l'anorganique, la répétition et l'exception, la recherche de sens et son vide essentiel. Se pose conséquemment la question du support : la photographie existe-t-elle si elle ne peut être palpable ?